Denis Leyauté, convictions d’un multipreneur accompagné par MBA Capital Caen depuis 2019

Le multipreneur est un entrepreneur qui pilote plusieurs entreprises. C’est le cas de Denis Leyauté, pour sa plus grande satisfaction. À la tête de 4 sociétés, il en a racheté ou créé 3 avec des associés au cours des dix dernières années, sans en revendre aucune. Toutes dans le secteur d’activité du métal, mais avec des périmètres géographiques et des fichiers clients distincts. Rencontre avec un dirigeant qui met l’humain au centre de son action, vivant son goût d’entreprendre comme une passion, et aussi comme un pied de nez au déterminisme social...

Pouvez-vous résumer votre parcours professionnel ?

Je suis un autodidacte qui a quitté l’école à 17 ans avec un CAP de chaudronnier. J’ai travaillé 3 ans pour un industriel, puis à mon compte comme artisan ferronnier avant de retourner dans l’industrie. Ma première création d’entreprise, MTS, date de 1988. Je l’ai développée jusqu’à l’amener aujourd’hui à un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros avec un effectif de 45 personnes.

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Depuis une dizaine d’années, j’ai créé et repris :

  • IMETAL, reprise en 2016 ;
  • ITS, création en 2022 ;
  • 2MECA, reprise en 2023.

Toutes des sous-traitantes qui gravitent dans la métallurgie, les deux plus importantes étant MTS et Imétal. Elles sont financièrement indépendantes et ne se font pas concurrence. Le monde de la métallurgie est pluriel, avec diverses spécialités : transformation du métal pour MTS et IMETAL, montages de machines et cartérisations pour ITS, et travail par enlèvement de copeaux pour Deux Mécanique.

Quelle est votre motivation à racheter ou créer des sociétés ?

Ce n’est pas l’appât du gain. J’ai une vraie soif d’entreprendre inscrite en moi, certainement liée à mon statut d’autodidacte et mon tempérament actif. Chaque fois que je suis posé dans une de mes entreprises, qu’elle fonctionne bien et en autonomie, je ressens le besoin d’avoir d’autres projets pour m’animer au quotidien. C’est un état d’esprit et un choix de vie. Il n’y a pas de bonne formule, chacun opte pour ce qui lui correspond. Pour moi, c’est le challenge, le mouvement en permanence.

Précision importante, ma soif d’entreprendre ne me satisfait que si elle va de pair avec l’accompagnement d’humains, l’accomplissement d’hommes et de femmes autour de moi. Je n’ai pas d’appétence pour une société dont l’activité serait principalement basée sur des heures de machine. Ainsi j’ai créé l’entreprise ITS à Bernay, une petite structure d’une dizaine de personnes au capital de laquelle j’ai intégré trois de mes collaborateurs historiques chez MTS.

C’est dans ce cadre de reprises et créations d’entreprise que Valérie Legentil, MBA Capital Caen, vous épaule ?

En 2016, MBA Capital Caen a croisé ma route à point nommé lorsque je cherchais un partenaire de confiance pour accompagner mon développement : 

  • m’aider à trouver des sociétés en vente que je pourrais racheter ;
  • intervenir sur l’analyse financière et la viabilité d’une entreprise que j’aurais identifiée dans mon carnet d’adresses.

Depuis, Valérie Legentil est à mes côtés, c’est une interlocutrice précieuse. Dans son approche, elle a l’intelligence de mêler compétences techniques et dimension humaine, un aspect auquel je suis très attaché. Elle construit ses dossiers avec professionnalisme tout en tenant compte de la sensibilité de chacun.

Comme pour votre dernière acquisition, la société Deux Méca à Vitré, sur laquelle elle est intervenue jusqu’à la signature finale ?

J’ai repris cette entreprise au printemps 2023 avec Éric Gauthier, mon collaborateur depuis une quinzaine d’années : chargé d’affaires junior puis sénior, acteur déterminant pour la restructuration d’Imétal. Je lui ai en toute logique laissé prendre les rênes de Deux Méca. Quant à Valérie Legentil, sa bienveillance a été d’autant plus appréciable avec un vendeur partant à la retraite. Céder la société à laquelle on a consacré une partie de sa vie professionnelle est un acte fort dans lequel l’affect entre en jeu.

Pour la partie technique et financière, MBA Capital Caen a procédé comme à son habitude pour valider le bien-fondé du projet de reprise :

  • étude des comptes des dernières années ;
  • analyse de la viabilité de l’entreprise, de son endettement ;
  • étude de la structure salariale, du climat social, des postes et salaires ;
  • analyse du portefeuille clients, de sa fiabilité.

Enfin MBA Capital a comparé les données chiffrées avec celles d’autres entreprises du secteur.

Quels sont les facteurs clés pour réussir à la tête de plusieurs entreprises ?

Ma réponse est bien sûr orientée par mes convictions. Un premier facteur est la capacité à déléguer, à s’entourer de personnes clés en lesquelles avoir confiance au point de leur transmettre des tâches d’importance ou de les faire évoluer à des postes où elles trouveront l’envie d’avancer avec vous. 

Le deuxième est selon moi l’humilité, celle qui consiste à admettre que sur bon nombre de sujets certains collaborateurs et collaboratrices peuvent être meilleurs que soi.

Enfin, le partage. Les bonnes affaires, c’est du donnant-donnant, quand chacun y trouve son compte. Il est capital dans le cadre d’un développement que le dirigeant partage avec ceux qui l’entourent. Mon mantra est : « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

Sans faire de psychanalyse de comptoir, ne pensez-vous pas que vos valeurs d’entrepreneur trouvent leur origine dans votre jeunesse ?

C’est bien possible. Mon père était ouvrier dans un grand groupe industriel alimentaire, ma mère femme au foyer élevait 4 enfants dans une ZUP. Je n’étais pas du tout prédestiné à être chef d’entreprise. Mes parents prévoyaient pour moi une vie d’ouvrier dans une entreprise de Lisieux qui me permettrait de subvenir aux besoins de ma famille et d’avoir un toit. Ils en auraient été fiers. Mais j’ai eu envie de bousculer ce déterminisme social et d’en faire plus, de changer mon destin. Parce que c’est juste une question d’envie, je permets également aujourd’hui à d’autres de le faire, de vivre cette satisfaction. J’ai mis l’accompagnement humain au cœur de ma façon de faire parce que j’en connais les bienfaits.

Croyez-vous au coup de foudre professionnel ?

Parfaitement, pour en avoir vécu un… Je connaissais très peu Romuald Uzan, dirigeant d’Alterval au Havre et pas du tout Jean-Louis Louvel, président fondateur du groupe PGS. Nous nous sommes rencontrés fin 2016 deux fois deux heures pour évoquer l’entreprise Debris, en difficulté financière. La troisième fois, nous avons signé son rachat. Ce fut une évidence, je n’avais jamais vécu cela auparavant, et ce n’est pas du tout dans nos natures de foncer ainsi… mais il y a des rencontres qui sont des catalyseurs. Nous sommes à ce jour autant amis qu’associés de cette entreprise rebaptisée Imétal. J’ai beaucoup d’admiration pour ces deux hommes et leurs parcours, nous partageons les mêmes valeurs.

Comment a évolué votre secteur en 35 ans ?

Quand j’ai commencé, nous nous contentions de couper une plaque de tôle, de la percer et de la souder. En plus de la fabrication des pièces, nos clients nous ont ensuite demandé de nous occuper du traitement de surface (peinture) puis d’ajouter à ces pièces des éléments usinés. Désormais, nous sommes des intégreurs puisque les constructeurs de machines nous font assembler la machine dans sa globalité. Notre métier a évolué, nous achetons du moteur électrique, du pneumatique, de l’électricité… Et ces mutations ne sont certainement pas les dernières !

Vous avez 56 ans, allez-vous continuer dans votre dynamique d’acquisition de sociétés ?

Il n’y a pas d’âge pour assouvir sa passion, donc oui ! Je suis même encore plus motivé aujourd’hui, mon expérience acquise me permet de partager encore davantage et de permettre à ceux qui le souhaitent d’évoluer. J’éprouve une grande satisfaction à appuyer sur le bouton de l’ascenseur social.

Je garde mes deux moteurs : la passion et l’humain. Nous avons la chance de vivre dans un pays qui nous permet d’entreprendre. Certes les PME sont touchées par les difficultés conjoncturelles et l’inflation crée des ralentissements dans notre activité. Mais je vois l’avenir comme j’ai vécu le passé, avec détermination. Dans un monde complexe, chacun a en lui la capacité de faire face et d’avoir foi en l’humain, quoi qu’il arrive. Il est capable du meilleur comme du pire. Il ne faut surtout pas penser qu’il n’est capable que du pire…

Pour permettre à Denis Leyauté de continuer sur cette belle trajectoire de multipreneur, le bureau MBA Capital Caen, représenté par Valérie Legentil, reste en veille sur d’éventuelles opportunités d’entreprises du secteur de la métallurgie dont le rachat pourrait l’intéresser.

Mis en ligne le 22 janvier 2024

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